La présence de certaines bactéries dans la bouche peut indiquer un risque élevé du cancer du pancréas, une maladie qui débute souvent sans symptômes et pour laquelle il n’existe aucune évaluation de routine.

C’est la conclusion d’une étude dirigée par l’Université de New York Langone dans l’État de New York, présentée à la réunion annuelle de l’Association américaine pour la recherche sur le cancer (American Association for Cancer Research) les 16 au 20 avril 2016 à la Nouvelle-Orléans en Louisiane.

Les recherchistes suggèrent que cette découverte peut mener à des traitements plus précis et précoces du cancer du pancréas, une maladie au taux de survie très bas puisqu’elle échappe souvent à un diagnostique précoce.

Les maladies de la gencive et la mauvaise hygiène dentaire sont les sources d’un risque élevé du cancer du pancréas et des études suggèrent également que certains types de bactéries de la bouche peuvent également y jouer un rôle, mais cette étude est la première à suggérer un tel lien selon les auteurs.

L’auteur principal Dr Jiyoung Ahn, épidémiologiste et professeur associé de la santé populaire et médecine environnementale à l’École de Médecine de l’Université de New York dit :

« Notre étude offre la première preuve directe que les changements spécifiques dans le mélange microbien dans la bouche – le microbiome oral – représente un risque potentiel pour le cancer du pancréas ainsi que les facteurs suivants, soit : l’âge avancé, le sexe masculin, fumeur, la race africaine américaine, et un historique familial de la maladie. »

On estime qu’au delà de 46 000 américains ont été diagnostiqués avec le cancer du pancréas et presque 40 000 de ceux-ci sont décédés de la maladie en 2014.

Deux bactéries de la bouche sont liées au risque élevé du cancer du pancréas

Lors de leur étude, l’équipe a comparé la bactérie de la bouche d’un échantillonnage de 361 hommes et femmes américains avant qu’ils aient développé le cancer du pancréas avec un échantillonnage de 371 individus qui n’ont pas développé la maladie.

Ces individus participaient dans une étude plus étendue sur les risques du cancer, au cours de laquelle ils ont reçus des échantillons de rince-bouche au début de l’évaluation. Ils ont été suivi pendant presque 10 ans, afin de noter tout diagnostique de cancer.

Lorsqu’ils ont analysé leurs résultats, professeur Ahn et ses collègues ont trouvé que les participants, dont les bactéries dans la bouche contenaient l’un ou l’autre de deux genres particuliers de bactéries, avaient un risque plus élevé de développer le cancer du pancréas, en comparaison avec les participants dont les microbiomes oraux n’avaient aucun signe de microorganismes.

En particulier, ils ont déterminé que la présence de porphyromonas gingivalis augmentait de 59% le risque de développer le cancer du pancréas. Également, la présence de l’aggregatibacter actinomycetemcomitans augmentait le risque de 50%. Les deux genres de bactéries sont généralement associés aux maladies des gencives ou la parodontite.

Ces chiffres n’ont pas changé lorsque les recherchistes ont éliminé les cas où les participants qui ont été diagnostiqué avec le cancer du pancréas dans les deux années suivants l’échantillonnage. Ils ont fait ceci afin de réduire les chances que la « la causalité inversée » n’affecte les résultats, c’est-à-dire la présence antérieure du cancer à la présence des deux bactéries.

Dans une autre étude publiée récemment, l’équipe démontre que fumer est lié à des changements dramatiques – mais non irréversibles – dans les bactéries de la bouche, ainsi que dans le nombre et le mélange de celles-ci. Toutefois, l’équipe note que seul des recherches plus poussées pourront démontrer si les changements des bactéries de la bouche liées à la fumée causent le cancer du pancréas ou affectent le système immunitaire. Entretemps, professeur Ahn suggère que :

« ces changements bactériens dans la bouche pourraient nous démontrer qui est plus à risque de développer un cancer du pancréas. »

Medical New Today a récemment appris qu’un appareil de chimiothérapie qui démontre un succès à ralentir et renverser la propagation des tumeurs cancéreuse dans le pancréas a été inventé.

Traduction d’un texte écrit par Catharine Paddock PhD

Publié le mercredi 20 avril 2016

Lien vers le texte officiel en version anglaise